Just Cause 2: le test
Just Cause 2

- Editeur : Square Enix
- Développeur : Avalanche Studios
- Type : Action
- Support : DVD ROM
- Sortie France : 26 mars 2010
- Classification : Interdit aux moins de 18 ans
- Web : Site web officiel
Après avoir mis le feu à l'archipel de San Esperito, l'agent secret Rico Rodriguez est de nouveau appelé en mission pour semer la panique dans une nouvelle et fictive région d'Asie: l'archipel de Panao. Le premier volet de Just Cause sorti en 2006 avait révélé un fort potentiel, mais le soft n'était malheureusement pas exempt de défauts en tous genres, qui avait ruiné l'envie de vivre les aventures de l'ami Rico à juste titre. Ainsi, Eidos et Avalanche Studio ont décidés de donner une seconde chance à Just Cause en sortant sa suite directe 4 ans après, histoire de bien peaufiner ce jeu d'action à la GTA. Le résultat est-il à la hauteur de nos espérances? La réponse tout de suite.
Le meilleur agent secret américain Rico Rodriguez est chargé d'infiltrer l'île de Panao, pour retrouver son ami et mentor, l'agent Tom Sheldon, disparu avec des informations top secrètes et des millions de dollars volés à l'agence. C'est donc
plein de mystères que vous êtes parachuté sur Panao, une île aux allures paradisiaques en façade, car en réalité, le territoire sert d'un immense champs de bataille aux différents gangs rivaux. L'archipel étant de plus dirigé par un impitoyable dictateur du nom de Baby Panay qui a imposé un système d'oppression et de corruption sur toute la population.
Voilà ce que l'on peut dire sur le pitch de l'histoire, bien sûr vous aurez droit à quelques rebondissements en complètant les missions principales qui font progresser l'histoire, mais il vaut mieux vous en laisser la surprise.
Sachez quand même que l'ensemble de Just Cause 2 s'apparente à un stéréotype de cliché d'un grand film hollywoodien, ce qui n'est pas un mal dans un sens puisqu'on en en prend régulièrement plein la vue. Explosions, cascades, mitrailles, on sent bien que les développeurs ont lâchés les gros moyens pour servir l'action tout au long du jeu. Cependant d'un autre côté, on assiste comme tout film hollywoodien qui se respecte à un background et un scénario sans saveur, servi des dizaines voir des centaines de fois au cinéma comme dans le jeu vidéo, et comme rien ne déroge à la règle, le tout est offert avec des doublages français atroces et des dialogues qui oscillent entre le ridicule et le grotesque.
Mais il faut relativiser. On ne joue pas à Just Cause 2 pour se cultiver ou se prendre la tête, bien au contraire, ce que nous offre Just Cause 2 c'est avant tout du fun.
En effet, la chose la plus remarquable dans les premiers instants c'est tout simplement l'île de Panao. Une aire de jeu immense de 1024 km², constituée de monts enneigés, de jungles luxuriantes et des lagons d'eaux chaudes à perte de vue. Vous trouverez aussi différents types de signe de civilisation: villages, villes, bases militaires, ports, aéroports, temples anciens... découvrir petit à petit la région de Panao est un véritable plaisir et la sensation de liberté est bien présente. Rico Rodriguez, l'homme qui à tous les permis de conduire ne sera jamais en mal pour se déplacer. Motos, voitures, bateaux, avions, hélicoptères, c'est en tout 104 véhicules différents auxquels vous avez un libre accès, chacun ayant son propre style de conduite.
Les musiques quant à elles sont de bonne factures, parfois discrètes, parfois présentes lorsque l'action est à son comble. Certains thèmes sont même plus que sympathiques comme la marche militaire ou les quelques accords de guitare sèche façon jazz manouche.
Les ballades à travers Panao n'en sont pas moins déplaisantes puisque le design global de Just Cause 2 est très agréable à l'œil. Les graphismes sont plus que correct, HD oblige et les contrastes des couleurs vives brise la monotonie. On peut par contre lui reprocher une modélisation parfois trop basique des véhicules ou des personnages secondaires, des textures pas toujours bien travaillées , des animations un peu raides, même pour le héros (suffit de le voir sauter) et des bugs d'affichages trop fréquents qui ne nuisent cependant pas trop au plaisir du jeu. Ces quelques défauts sont tout à fait excusables, car vu la taille gigantesque de la carte, il aurait été difficile de faire autrement.
De plus, Just Cause 2 puise d'autres qualités dans son gameplay varié et très aérien.
Comme dans le premier épisode, l'ami Rico est équipé d'un grappin et d'un parachute en permanence. Ces deux objets vont alors donner lieux à une multitude de situations diverses. Le grappin peut s'accrocher sur n'importe quel endroit du décor, une simple pression
sur le bouton et le câble vous emmène directement au point d'ancrage. Si vous gardez le bouton appuyé, vous resterez sur place et vous pourrez choisir un deuxième point d'attache comme un véhicule ou un ennemi. Cette technique permet de réaliser beaucoup de choses, comme par exemple décapiter la tête d'une statue géante de Baby Panay en vous envolant à bord d'un hélicoptère. Faire des expériences avec le grappin est très stimulant et le résultat est souvent étonnant. Vos ennemis craindront aussi fortement votre grappin, il est possible de les tirer dans le vide, les attirer vers vous pour les achever en l'air, en attacher deux entre eux ou les accrocher à n'importe quel objet mouvant ou immobile. Au passage ce système permet de se transformer en un véritable sadique. Quel bonheur de voir un ennemi s'envoler dans le ciel à bord d'une bombonne de gaz ou le voir râper le bitume attaché à l'arrière de votre chasseur en plein décollage.
Le parachute quant à lui rempli parfaitement sa fonction de parer la chute. La chute libre est monnaie courante dans Just Cause 2, que ce soit du haut d'un gratte-ciel ou d'un avion à 2000mètres d'altitude. On s'éclate toujours autant à se laisser aller dans le vide et voir le sol se rapprocher avec une forte impression de vitesse.
Il est également possible de combiner grappin et parachute, lorsque celui-ci est ouvert, vous pouvez lancer votre grappin sur le décor pour ensuite vous tirez vers cette endroit.
Maîtriser les gadgets de Rico demande bien sûr un certain d'adaptation mais une fois cela fait, on s'éclate vraiment avec ces deux accessoires.
Mais cette joie à malgré tout un revers de médaille, même après plusieurs heures de jeu il est parfois compliqué d'utiliser le grappin et le parachute à bon escient, la faute à une maniabilité pas toujours juste voir même hasardeuse et une caméra capricieuse qui prend des angles souvent peu judicieux. On aurait aimé aussi que Rico puisse tout simplement s'accrocher avec ces mains sur les arêtes du décor. Cela éviterait d'utiliser le grappin pour monter un pauvre rebord situé à 50 cm au dessus de sa tête.
Passons maintenant aux phases de tirs, chose très présente dans le jeu. Contrairement aux déplacements et aux cascades, il n'y a pas grand chose à dire. On place son viseur sur un ennemi et on tire, c'est un peu près tout. La faute à une intelligence artificielle qui frise le zéro que ce soit le soldat de base, un général, un boss ou la population de Panao. On se contente alors de foncer dans le tas en tirant sur tout ce qui bouge assez facilement grâce à la visée semi-automatique, bien pratique avons-le car les ennemis sont la plupart du temps très loin de vous et donc minuscules à l'écran. Il est possible aussi de zoomer plus au moins selon votre arme au détriment de la visée semi-auto qui sera désactivée dans ce cas. Pour finir, Rico ne se sépare jamais de ses armes, il est donc possible de tirer à tout moment, que ce soit accroché au grappin ou depuis votre parachute. A noter qu'il n'est pas possible à l'instar de GTA de tirer depuis un véhicule (sauf les motos).
Reste donc à voir le côté pilotage de Just Cause 2, sans surprise tous les véhicules se conduisent assez bien. De la vieille mobylette à l'avion cargo, vous maîtriserez très rapidement toutes sortes d'engins à moteur. Les véhicules à roues auront un comportement différent selon le type de revêtement sur lequel vous roulez et la météo. Il est possible aussi de passer en position de cascade depuis un véhicule, Rico passe alors sur le toit, vous donnant le droit de tirer, d'utilser votre grappin pour rejoindre un autre véhicule, de s'accrocher à l'avant ou à l'arrière pour descendre les passagers ou encore d'éjecter le conducteur après une scène d'action contextuel. Vous pouvez également déclencher à n'importe quel moment le parachute pour prendre le fil de l'air et semer vos poursuivants.
Voyons maintenant le système de progression dans Just Cause 2. Après une première mission de mise en jambe, vous allez être vite confrontés au système des factions. Trois factions s'opposent sur Panao: les Reapers, les Ular Boys et les Roaches. Vous allez servir ces
trois factions en même temps , vous capturez d'abord une base qui leur servira de QG, ce qui débloquera des missions de factions . Remplir à bien des missions de factions vous donne des points de Chaos. Lorsque les point de Choas s'accumulent, vous débloquez les missions de l'agence qui font progresser l'histoire. Au total, c'est 55 missions qu s'offrent à vous même si vous n'êtes pas obligés de toutes les remplir. Vous pouvez aussi gagner des points de Chaos en découvrant Panao. Semez la zizanie dans les villages et les villes, emparez-vous des bases militaires, des ports et des aéroports et tout ce vous ferez exploser vous donnera un bonus de Chaos.
Le Chaos débloque aussi des objets du marché noir qui est bien pratique pour acheter ou améliorer armes et véhicules ou se faire larguer sur un endroit déjà visité sur la carte en moyennant finances. L'argent s'obtient régulièrement en complétant une mission ou en réussissant un défi qui consiste à remporter une course à bord d'un véhicule.
Enfin, Panao regorge aussi de richesses à accumuler: les pièces d'armes et les pièces de véhicules (nécessaire pour les améliorations), les pièces d'armure (augmente votre santé maximale) et les caisses d'argents. Les paquets cachés de GTA ont étés remplacé par des crânes au nombre de 100 qui ne rapporte rien si ce n'est la satisfaction de tous les avoirs.
Voilà, comme vous pouvez le constater, la richesse de Just Cause 2 est phénomènale ce qui entraîne indéniablement le plus gros point fort du jeu: son énorme durée de vie. Comptez une grosse vingtaine d'heures pour le finir en ligne droite et plus de cent heures pour le finir à 100%, sans compter le temps que vous passerez à errer sans but dans Panao !
Mais bien sûr il y a un mais, comme on peut le redouter dans ce genre de jeu "bac à sable" son gros point faible est la répétitivité. Les plusieurs types de missions se répètent encore et encore, capturer une base par exemple va très vite devenir un calvaire tellement on refait les mêmes actions sans cesse. Ras le bol d'abattre des centaines de fois des soldats qui se ressemblent tous. Assez de l'angoisse de l'ennui pour rejoindre un point sur la carte en hélicoptère, surtout lorsqu'il est situé à plus de 10 km. Vous allez vous languir de voir cette jauge "mission de l'agence" se remplir si lentement malgré tous vos efforts de refaire une énième fois la même mission de faction en explosant tout sur votre passage. Notez quand même les missions principales sont très plaisantes et explosives, on aurait donc aimé en voir plus de ce type et moins de missions secondaires ou au moins qu'elles soient moins longues à obtenir.
Vous l'aurez compris à la longueur de ce test, il y a beaucoup de chose à dire sur Just Cause 2, du bien voir du très bon comme du moins bien et du mauvais. Alors faut-il craquer pour ce titre? Pour conclure je dirais que oui. Du moins pour ceux qui aime le genre, ne serait-ce que pour son énorme durée de vie même si elle est gonflée artificiellement. Pour son action et son fun omniprésent, desservis par une mise en scène très américaine et un doublage inacceptable. Et rien que pour partir en voyage sur Panao cela vaut le coup. En fait Just Cause 2 est un jeu à conserver sans trop en abuser, l'oublier pendant plusieurs jours ou semaines sera nécessaire pour éviter le gavage et le plaisir n'en sera que décuplé en le ressortant à l'occasion.
Note de la Rédaction : 14/20
Kws le 25/03/10.
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