LIMBO : le test

26 Juil 2010
by Kws

LIMBO

  • Editeur : -
  • Développeur : Playdead
  • Type : Plates-formes / Puzzle
  • Support : Xbox Live Arcade
  • Sortie France : 21 juillet 2010
  • Classification : Interdit aux moins de 18 ans
  • Multijoueurs : Non
  • Version : Française intégrale
  • Web : Site web officiel

Premier jeu sorti dans le cadre du Summer of Arcade 2010, le Xbox Live accueille désormais un OVNI venu du studio Playdead, le mystérieux LIMBO.

LIMBO
L'aventure commence ici.

En anglais, limbo signifie les limbes, dans la religion catholique, les limbes sont deux lieux de l’au-delà situés aux marges de l’enfer. Par extension, ils désignent un état intermédiaire et flou. Bien sûr, ceci n’est nullement expliqué, l’univers du jeu se veut libre d’interprétation par chaque joueur, mais cette définition colle assez bien à l’esprit du monde de LIMBO, un monde entre le réel et le surnaturel, la vie et la mort, l’enfer et le paradis.

LIMBO
Un saut raté et c'est
la mort assurée.

Le périple commence sur le réveil d’un petit garçon au milieu de la forêt, aucun détail de contexte ni la moindre bribe d’un didacticiel à l’horizon, car ce petit garçon que nous ne connaissons pas, c’est vous. C’est vous qui allez devoir traverser les terres de LIMBO et vous allez très vite apprendre à regarder où vous mettez les pieds. Dans LIMBO, tout est extrêmement simple : l’objectif est de progresser de gauche à droite, un bouton pour sauter et un bouton d’action, voilà à quoi se résume le gameplay. Pourtant, cette simplicité apparente cache en vérité une complexité de tous les instants. En effet, ce sont des dizaines et des dizaines de pièges à éviter pour à peu près autant de façons de mourir. La mort va très vite devenir votre pain quotidien quand vous ne la côtoierez pas de près et pour la première fois depuis bien longtemps dans un jeu, vous allez devoir réapprendre à perdre. Le principe de LIMBO suit celui du « meurs et réessayes », une progression par l’échec qui vous fera réfléchir à deux fois avant de foncer tout droit pour finir décapité par une scie circulaire, empalé lourdement par des pics ou écrabouillé par un bloc de plusieurs tonnes. Malgré son apparence de bon aloi, LIMBO est terriblement violent, aussi bien visuellement que psychologiquement, car le titre ira chercher vos sensations là où d’autres ne vont pas, dans votre inconscient, dans vos vices, dans vos pulsions. Comme quoi, il n’est pas absolument nécessaire d’exhiber des hectolitres de sangs dans un déluge d’affrontements entre mutants, zombies, démons et autres soldats. Ici, point d’armes à feu, d’épées, de haches ou de pouvoirs spéciaux, juste deux bras, deux jambes et surtout une tête, la vôtre, celle qui contient les neurones capables de résoudre les énigmes.

LIMBO
Le héros ne supporte pas l'eau, attention à la noyade.

Mais LIMBO n’est pas seulement un mélange de plates-formes et de puzzle au level design très ingénieux, c’est aussi un design graphique et sonore d’une qualité exceptionnelle. Les images parlent d’elles-mêmes, l’intégralité du jeu est réalisé avec une seule couleur, un dégradé de noir. Encore un rapport avec le « flou » des limbes de la religion catholique. Le soft joue beaucoup sur l’ombre et la lumière pour instaurer une ambiance monochrome et particulière, mais aussi pour servir le système de jeu. Il est en effet beaucoup plus difficile de discerner les pièges et les éléments du décor quand on est plongé dans le noir. Une prouesse des développeurs de chez Playdead qui, en plus de rendre un visuel très propre, atypique et soigné, ont parfaitement réussi à l’intégrer dans la jouabilité. Encore une fois simple en apparence, les graphismes de LIMBO ne sont pourtant pas avares en détails qui fourmillent ici et là en plus des animations très fluides du personnage et des paysages qui sont aussi vivants que nous. Visuellement parfait, on peut au moins en dire autant sur l’ambiance sonore qui est un régal même pour les oreilles les plus fines. Aucune musique, aucune mélodie, juste des bruits ou plutôt une symphonie de bruitages. Le premier passage de la forêt donne le ton : des grenouilles qui coassent, une rivière qui coule au loin, des oiseux qui sifflent, des insectes qui bourdonnent… tout est là pour servir l’ambiance et vous immerger au plus profond des limbes si vaporeuses et pourtant si vraies.

LIMBO
On croisera quelques
autochtones qui ne vous
veulent pas du bien.

Le seul hic de LIMBO est en fait sa durée de vie dérisoire : quatre heures maximum pour le finir la première fois. Si au moins on voyait venir la fin de l’aventure comme il se doit on pourrait accuser le coup, mais non. Le générique arrive de façon si abrupte que l’on a qu’une envie : recommencer ! Ses défauts, LIMBO les transforme en qualités, vous y reviendrez avec plaisir pour débloquer tous les succès (trouver des œufs cachés) et le finir d’une traite sans mourir le plus vite possible. Sa faible durée de vie en fait un jeu à score où vos nerfs, votre dextérité et votre mémoire seront mis à rude épreuve pour atteindre le haut du classement Xbox Live.

LIMBO
Une scène à la
Indiana Jones.

Simple mais fort, sont les maîtres mots pour caractériser LIMBO. Il est très compliqué de juger un jeu comme celui-ci, parce que l’expérience va au-delà du téléviseur et de la manette. C’est avant tout une expérience personnelle qui sollicite notre imagination. Il se contente du minimum scénaristique, graphique, sonore et ludique pour laisser la place à la construction de votre propre univers. C’est précisément ici que se situe la magnificence de LIMBO, car il prend à contre-pied  tout ce qu’il n’est finalement pas en apparence : visuellement époustouflant, ambiance sonore parfaite et gameplay pointu, il est une véritable transcription des limbes de la religion catholique que l’on peut apparenter au Salut.

Il est clair que LIMBO ne plaira pas à tout le monde, mais si vous êtes friands de nouvelles expériences et que vous avez les moyens de vous l’offrir (1200 MS Points) n’hésitez pas. Il devrait d’ailleurs constituer un exemple aussi bien pour les éditeurs en mal d’innovation (en dehors des contrôleurs hors de prix), que pour les joueurs qui ne jurent que par la 3D et la motion-capture à outrance.

Note de la rédaction: 17/20

 

Kws, le 26/07/10


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