Singularity : le test
SINGULARITY

- Editeur : Activision
- Développeur : Raven Software
- Type : FPS
- Support : DVD-ROM
- Sortie France : 25 juin 2010
- Classification : Interdit aux - de 18 ans
- Multijoueurs : 2-12 joueurs en ligne
- Version : Française intégrale
- Web : Site web officiel
Singularity est un nouveau-né dans la catégorie FPS qui a de prime abord, tout pour plaire aux amateurs du genre. A la croisée des chemins de Bioshock, Timeshift et Half-Life, Singularity propose une aventure dans une ambiance bien glauque, à base de manipulations temporelles et d'exterminations de mutants véhéments. Reste à savoir si le titre d'Activision mérite sa place sur votre étagère en cette période estivale.
Dans Singularity vous incarnez le capitaine Renko, un militaire américain envoyé sur Katorga 12, une île située au large des côtes russes, pour enquêter sur une anomalie qui émane de cet endroit précis. Votre hélicoptère s'apprête à vous larguer au point de chute, mais v'la ty pas qu'une gigantesque explosion vous propulse sur l'île désormais en flammes, sans rien, ni personne. Un gentil Américain esseulé contre les méchants Russes, un scénario original si celui-ci était sorti au début des années 80. Il est possible que le studio Raven a justement voulu parodier ce genre de films de série B, mais si c'est le cas cela n'est pas assez marqué. Heureusement le scénario évolue au fil de l'action, qui vous vaudra quelques remontées dans le temporelles pour empêcher les russes de contôler la puissance de l'E99, une énergie capable de maîtriser le temps. Cependant, l'histoire ne décolle pas vraiment et n'arrive jamais à nous surprendre, tellement la mise en scène utilise des ficelles au moins aussi vues que celle de Paris Hilton.
Si le scénario n'est pas le point fort de Singularity, il en est tout autre pour son ambiance glauque et son atmosphère pesante. Katorga 12 est un gigantesque complexe quasiment abandonné depuis le milieu des années 50, la plupart des équipements sont donc rouillés et endommagés ce qui renforce le côté science-fiction parfaitement assumé du titre. Le design global fait fichtrement penser à son modèle Bioshock, même si Singularity n'arrivera jamais à l'égaler dans ce domaine, comme dans les autres. Vous trouverez d'ailleurs tout le long du jeu une pléthore de petites notes et de magnétos qui contribuent grandement à renforcer les mystères de Katorga 12 et de l'E99. Une chose qui n'est pas sans rappeler encore une fois le titre de 2K Games.
Dernière chose concernant l'ambiance et pas des moindres : la présence de mutants sur l'île. Qu'ils soient petits, grands ou immenses, ces dégénérés trop exposés à l'E99 vous donneront parfois du fil à retordre de par leurs résistances accrues, certains bénéficiant même de pouvoirs paranormaux comme l'invisibilité ou une rapidité hors norme. Les bougres vous vaudront parfois même quelques coups de pressions par leurs apparitions soudaines sur un bruitage strident. Malgré tout, ces petits plaisirs sont légèrement entachés par des graphismes très moyens. La modélisation est tout juste correcte et surtout très inégale, les textures quant à elles sont vraiment dégueulasses. Pardonnez cette vulgarité mais c'est un mot très approprié pour les définir. On restera sur une note positive en parlant des effets spéciaux qui sont tout de même visuellement assez réussis.
Reste à voir maintenant le meilleur aspect de Singularity : son gameplay. Heureusement pour lui, le capitaine Renko tombera très vite sur le MT (Manipulateur Temporel), un bracelet qui permet beaucoup de fantaisies aussi bien sur les ennemis que sur l'environnement. Le MT vous sera plus qu'utile lors des combats, il peut servir à vieillir les soldats jusqu'à la mort instantanément, ralentir les mutants ou envoyer une violente décharge d'énergie E99 dans la face de vos adversaires. Le meilleur pouvoir étant le cadenas temporel : une sphère énergétique qui figera vos assaillants dans le temps. Il suffira alors de cribler de balles ces statues vivantes, lorsque la sphère se désactive tout le monde tombe raide mort sans même sans apercevoir. C'est diablement efficace et visuellement assez comique. Une technique qui peut s'utiliser également sur un élément du décor, comme une porte qui se referme trop vite. Le MT vous sera nécessaire pour progresser sur Katorga 12, certains passages étant inaccessibles sans lui. Si le bracelet est efficace sur les êtres vivants, il en est de même pour les objets inanimés. Vous pouvez donc vieillir ou au contraire rajeunir un escalier en miettes ou un interrupteur qui à fait son temps. Le seul bémol de ce sytème est la répétitivité. Si on trouve amusant de manipuler des caisses pour nous ouvrir un passage la première fois, il en est tout autre au bout de la cinquantième. Enfin, le MT sert aussi à attraper les objets par la force kinétique, qui ressemble à s'y méprendre au Gravity Gun d'Half-Life 2. Barils explosifs, bombonnes d'azote liquide ou roquettes ennemis, vous pouvez tout ou presque, attraper et renvoyer.
Pour finir sur le game design de Singularity, voyons son mode de progression. Contrairement à Bioshock dont il emprunte de nombreux aspects, la progression de Singularity est extrêmement linéaire, vous n'aurez jamais la possibilité de choisir votre chemin à part pour aller dans une salle ou vous attendent quelques bonus. A défaut de Plasmides, vous pouvez grâce à eux, faire évoluer les compétences du personnage, du MT ou encore des armes, qui au passage sont assez originales tant par leurs designs futuristes que par leurs fonctionnements atypiques. Dommage que les ennemis aussi bien humains que mutants soient loin d'être des érudits en matière de combats. Les soldats se contenteront de camper sur leurs positions en se laissant mitrailler sans bouger, tandis que les monstres n'ont rien trouvés de mieux que de foncer droit sur vous la tête la première. Une IA dans les choux qui aurait méritée une plus grande attention pour dynamiser des combats un peu mous. Une fois l'aventure solo terminée en seulement 7 ou 8 heures d'une difficulté franchement peu exigeante, il vous restera en bonus le mode multijoueurs sympathique mais que ne restera pas dans les anales. Deux à douze joueurs peuvent s'affronter en Deathmatch ou plus interessant, le mode Extermination, un Left 4 Dead-like où une équipe incarne les humains avec leurs arsenals militaire mais sans MT, contre une équipe de mutants aux pouvoirs spécifiques. A défaut d'être une expérience à part entière, le multijoueurs à au moins le mérite d'exister même si on ne s'y attardera pas des heures tellement la concurrence est rude dans ce domaine.
Singularity est donc un titre honnête. Il comble ses lacunes de scénario et de design technique et graphique par un gameplay pas vraiment novateur mais plaisant à jouer. Il dispose en plus d'une bonne ambiance à mi-chemin entre Bioshock et Half-Life. Mais quitte à vouloir copier les aventures de Rapture, autant aller jusqu'au bout : Bioshock 2 avait affiché un prix à environ 20 € de moins que la moyenne dès sa sortie en magasin. Singularity aurait pris un ou deux point de plus si il en avait fait de même, mais il ne mérite pas de payer plein pot un jeu trop moyen qui constitue seulement un FPS de plus dans un océan de violence.
Note de la rédaction: 12/20
Kws, le 29/06/10
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