Dead Space : le test
Dead Space

- Éditeur : Electronic Arts
- Développeur : Electronic Arts
- Type : Survival-Horror / Action
- Sortie France : 23 octobre 2008
- Classification : Interdit aux - de 18 ans
- Multijoueurs : Non
- Version : Textes et voix en français
- Web : Site web officiel
Ici vous pouvez admirer la faune locale. |
Ce n'est pas sans surprise que nous avons vu débarquer sur nos consoles next-gen un survival-horror, j'ai nommé Dead Space. Vous me direz, un survival-horror, quoi d'étonnant ? Et bien ce qui l'est, c'est que le développeur n'est pas le studio japonais Capcom qui nous a habitué au genre au travers de ses séries telles que Resident Evil ou autres Project Zero, mais bel et bien le géant américain Electronic Arts. Habitué plutôt dans les jeux de sports ou les licences, EA nous propose un jeu étonnant mêlant frissons et angoisse. Trois questions subsistent : le jeu d'EA peut-il prétendre à devenir une référence du genre ? S'agit-il d'un renouveau ? Détrône-t-il le géant Resident Evil qui est à ce jour la référence du genre ?
| Quand on est seul...on est seul. |
Nous incarnons Isaac Clarke, un ingénieur en électronique, qui doit se rendre avec son équipe sur le vaisseau USG Ishimura, qui extrait les ressources d'une planète, avec lequel il n'y a plus aucune liaison de communication. Isaac est donc convié à rétablir la communication du vaisseau, une mission de routine. Seulement en s'approchant de celui-ci, la navette d'Isaac se voit pris dans un champs magnétique et finit sa course tant bien que mal sur l'USG. Une fois à l'intérieur, l'équipe d'Isaac se voit prise au milieu d'une contamination due à l'expansion d'un monolithe extraterrestre se trouvant sur le morceau de rocher extrait de la planète voisine par le vaisseau. Le début du jeu reprend directement la suite du film d'animation Dead Space Downfall. Scénario qui au demeurant sent tout de même le réchauffer faisant étrangement penser aux films Alien de James Cameron. Il ne s'agira clairement pas du point fort du jeu, tant par le fait que ce genre de scénario a été fait et refait que par sa mise en place. De plus, Isaac n'ouvrira jamais la bouche pour parler, nous n'entendrons jamais le son de sa voix mis à part dans des cris "ça et là". Un mutisme qui n'aide pas à nous identifier au personnage et qui bloque un peu le scénario. Mais le but même de Dead Space ne réside pas dans son intrigue.
| Le jeu joue sur nos nerfs tout le long. |
Vous l'aurez compris, il s'agira donc de trouver un moyen de s'enfuir de l'USG Ishimura tout en survivant aux différentes petites créatures, les Nécromorphes notamment, qui le peuplent. Créatures faisant vraiment penser pour la plupart aux créatures du film The Thing de John Carpenter. Une sorte de croisement entre un humain et une araignée. On pourra donc retrouver au travers de l'aventure différentes petites "bébêtes" toutes plus répugnantes les unes que les autres. Cependant, le bestiaire n'est pas très varié, comptant simplement une dizaine d'espèces tout au plus. Dommage ! Mis à part ces charmantes créatures, Dead Space mise avant tout sur son ambiance pour nous "flanquer la trouille". Et c'est clairement ici qu'Electronic Arts a effectué un travail remarquable. D'un point de vu graphique, Dead Space est une réussite. Certes, aujourd'hui le jeu a un peu vieilli mais il dispose encore de magnifiques effets de lumière, de textures détaillées et d'environnements criant de réalisme notamment pour les phases se déroulant à l'extérieur du vaisseau. La bande son quant à elle est aux petits oignons, il n'y a pas un instant où l'on n'entend pas un bruit. Il résonne souvent des bruits de métal, la voix-off du vaisseau ou encore des cris de monstres. On s'y croirait ! Peu de musiques mais de qualité quand elles font leur apparition. Les passages hors du vaisseau seront dotés des meilleurs bruitages du jeu, à savoir juste la respiration d'Isaac, le compte à rebours de l'oxygène qu'il dispose ainsi qu'un bruit sourd quand il s'agira de dézinguer du Nécromorphe
| Certains monstres sont impressionnant |
Par ailleurs, la méthode utilisée pour tuer les ennemis est une première dans l'histoire du jeu vidéo. Il sera facile de vider un chargeur complet dans la tête d'un opposant qui aura pour simple effet de vous faire gaspiller toutes vos munitions, qui entre nous sont déjà très limitées. Le système utilisé pour tuer les ennemis est le démembrement tactique. Certes le nom fait sourire, mais il est parfaitement adapté au système de combat. En effet, il s'agira de tirer dans les jambes, les bras, ou autres membres étranges des créatures pour les découper, et ainsi les tuer. Un système particulier et pour le moins inhabituel qui procurera un sentiment de puissance. Pour se faire, Isaac aura à sa disposition sept armes différentes, disposant chacune d'un tir principal et d'un tir secondaire, allant du "simple" pistolet découpeur à la grosse sulfateuse ou encore au lance-flammes. Il sera d'ailleurs possible d'upgrader nos armes comme bon nous semble grâce à des points de force que l'on trouvera cachés aux quatre coins du vaisseau. Une grande partie exploration sera mise en avant pour trouver des munitions et des schémas permettant d'obtenir de nouvelles armes ou armures au stocker. Comme dans Resident Evil, Isaac ne dispose que de quelques emplacements pour y stocker kits de soins, munitions ou autres items et disposera d'un coffre permettant de placer les différents items ramassés, en acheter ou en vendre
| Surpriiiiise ! |
Dead Space, comme on pouvait le supposer ne propose pas de mode multijoueur, le style n'est pas très adapté (on se souvient tous du fiasco de Resident Evil Outbreak). Le déroulement du jeu se fait zone par zone, entrecoupées de voyages en Tram et appelées chapitres. Parcourir l'intégralité de l'Ishimura vous prendra 12 chapitre et comptez 1 heure pour chacun en moyenne. C'est un peu faible mais dans la moyenne des jeux du genre. Les petits gars de chez EA ont mis à disposition des armes restylées (mais pas de nouveaux modèles) et de nouvelles tenues sur le PS Store pour arpenter les sombres couloirs armés de zolis trancheurs rayés et vétu comme Samus mais rien de très enrichissant et à un prix peu scrupuleux.
| Le bestiaire est plutôt glauque. |
Le jeu dispose d'une pause active en 3D holographique très soignée pour régénérer sa santé ou prendre des munitions, ce qui dans les moments de stress pimentera un peu plus l'action. On pourra aussi souligner l'absence totale de HUD, tout étant inscrit sur la combinaison que dispose Isaac. Celle-ci lui permettra notamment de disposer de deux pouvoirs : la stase, qui servira à ralentir un ennemi ou un objet, et la télékinésie, qui habilitera Isaac de pouvoir soulever et projeter des objets. Ces deux pouvoirs sont simples d'utilisation et se prêtent très bien au maniement de l'ingénieur qui est un régal à jouer. Son déplacement est souple, il peut marcher et courir quand le danger se fait sentir, et est capable de se déplacer et viser en même temps ! Cela peut paraître anecdotique mais il s'agit bien d'une première dans le genre survival-horror là où un Resident Evil pèche par exemple. De plus, il arrivera que l'on se trouve dans des pièces sans gravité où Isaac pourra bondir d'un mur à un autre en un rien de temps. Très agréable ! Ces passages se déroulent dans des endroits gigantesques contrairement au reste du jeu se passant essentiellement dans des couloirs. La progression de l'histoire sera donc très linéaire et constituée de nombreux allés-retours au travers les différents secteurs de l'USG Ishimura car il s'agira d'aller à un point A à un point B pour activer différents systèmes.
| Voilà ce qui arrive quand on traine dans les couloirs. |
Le jeu dispose uniquement d'un mode solo comportant douze chapitres. Chaque chapitre se finit environ en une heure ce qui laisse présager une douzaine d'heures de jeu. Cela reste correct pour se type de jeu, d'autant plus que la rejouabilité du titre aura son importance car il sera possible de garder les améliorations acquises au cours du jeu et débloquera un nouveau mode de difficulté. Le jeu dispose à la base de trois modes de difficulté. On conseillera de commencer directement en mode normal donnant ainsi un minimum de challenge, le jeu en facile n'ayant pas grand intérêt. On pourra donc regretter un scénario déjà vu, pas forcément tourné de manière habile, une durée de vie un peu faible, on en voudrait plus, et une progression linéaire suscitant des allés-retours incessants. Cependant, on retiendra surtout un travail technique extraordinaire, un gameplay jouissif et une ambiance du "feu de dieu" au travers de ce tout premier survival-horror d'Electronic Arts. Certes, Dead Space ne renouvelle pas le genre mais apporte une touche de fraîcheur et concurrence sérieusement Resident Evil. Une valeur sûre pour tout amateur de frissons !
Note de la rédaction: 18/20
Bibou, le 15/03/10
