Monster Hunter Tri : le test
Monster Hunter Tri
- Editeur : Capcom
- Développeur : Capcom
- Type : Action / Jeu de rôle
- Sortie France : 23 avril 2010
- Classification : Déconseillé aux - de 16 ans
- Multijoueurs : Oui
- Web : Site web officiel
Après un accueil chaleureux et une excellente critique au pays du Soleil Levant, le troisième épisode de la série originale Monster Hunter débarque pour la première fois chez Nintendo. Surnommé "Tri" pour l’occasion, la célèbre franchise de Capcom tient-elle ses promesses ?
Après avoir créé votre avatar (sexe, visage, nez, bouche, yeux, coiffure, tatouages, couleur de peau et vêtements) via un éditeur de personnage, vous arrivez dans le village Moga, lieu principal du jeu. Votre première mission sera de vous faire reconnaître comme chasseur aguerri au sein de la guilde. Tout d’abord, vous devrez reconstruire le camp de base à la demande du chef du village. Cela pourrait sembler futile, mais c’est à partir de ce camp que vous partirez pour chaque quête. De plus, vous ferez la connaissance de Junior, fils du chef, l’un des personnages les plus importants du jeu puisque c’est en discutant avec ce perso que vous obtiendrez les demandes des villageois ou plus important encore, c’est à lui que vous ferez vos rapports de chasse.
Qu’on se le dise, Monster Hunter Tri est un jeu lent, très lent. Le tutorial est long et les habitués de la franchise le trouveront interminable, pour ne pas dire gonflant. N’espérez pas avoir de combats épiques face à de gigantesques monstres dès les premières heures de jeu ou enchaîner les quêtes les unes derrière les autres si vous ne partez pas en chasse libre. En effet, partir en quête sans avoir un équipement qui tienne la route est synonyme de défaite assurée. Vous devrez donc explorer la forêt pour rassembler herbes, minerais, insectes, poissons, champignons, os, etc… via la cueillette, fouille, pêche, en dépeçant vos proies ou apprendre à devenir gestionnaire d’une ferme et d’une poissonnerie pour obtenir divers ingrédients, indispensable à la préparation de potions, pièges, bombes, appâts... Niveau armes et armures, même topo, il vous faudra partir plus d’une fois en exploration, afin de rassembler l’argent et les éléments nécessaires à la création ou amélioration d’armes et armures chez l’artisan wyverien. Ajouté à cela, chaque monstre tué vous rapportera des points ressources que vous pourrez récupérer après avoir fait votre rapport à Junior, une fois rentré au village. Toutefois, il est dommage que le bloc-notes du chasseur ne contienne pas d’onglet permettant ainsi de savoir où est-ce que l’on a trouvé tel ou tel composant. Lorsqu’il nous manque un matériau spécifique pour la construction d’une nouvelle arme plus puissante, des informations du style "insecte aimant les zones humides ou arides" n’auraient pas été de refus. En pauvre compensation, on peut pointer l’objet avec la Wiimote, directement dans le menu pour faire une sorte de glisser/déposer vers le bloc-note. Cette action permet d’avoir un son bien distinct lorsque l’on trouve, par pur hasard, ce fameux matériau.
Une fois arme, armure et équipement choisis, les quêtes se récupèrent en parlant à la Belle du village. Classées en 5 niveaux de difficulté, les quêtes sont réparties en trois catégories : la cueillette, la chasse et la capture. La cueillette, il s’agit tout simplement de livrer des éléments bien précis au camp de base tel que des champignons, œufs, poissons, os… Si aller ramasser des champignons n’a rien de bien folichon, la chasse et la capture sont beaucoup plus excitants. La chasse consiste à terrasser un quota de monstre bien particulier. Enfin, la capture réside à affaiblir le monstre le plus possible, sans le tuer. Une fois blessé, il suffit alors de poser un piège et d’attendre tranquillement qu’il tombe dedans. Pour arriver à vos fins, il faudra user de stratégies car foncer dans le tas est la dernière chose à faire. De ce fait, certaines mesures sont à prendre comme se débarrasser des petits gêneurs avant de s’attaquer à la grosse bébête. Le lieu de chasse étant découpé en 12 secteurs bien distincts, marque de fabrique des Monster Hunter, il sera impératif de marquer le monstre avant de commencer à attaquer. Etant un tant soit peu intelligent, les monstres fuient et le marqueur vous permet ainsi de le suivre à la trace sur la carte. D’autre part, une grosse arme, bien qu’elle soit plus puissante, jouera en votre défaveur face à un monstre rapide. En effet, vous disposez de plusieurs types d’arme, avec leurs qualités et défauts, en vue de terrasser les monstres. L’épée et le bouclier conviendra parfaitement aux néophytes. Malgré le fait que vos attaques seront moins puissantes, ils permettent de réaliser des combos d
e plus de 10 coups et de se déplacer plus aisément. La grande épée permet de donner des coups dévastateurs et de se protéger mais ralentit vos mouvements. La lance vous gratifie une portée plus élevée. Le marteau inflige de très lourds dégâts mais vous ne pourrez absolument plus parer les coups et ainsi de suite pour chaque arme. Outre celles-ci, nous retrouverons la fusarbalète, l’épée longue et la morpho-hache, nouvelle arme de la série. En revanche, on peut regretter la disparition de l’arc et de la double épée. Nous pouvons ainsi nous réjouir d’un gameplay diversifié…
… malheureusement bien loin d’être parfait. Monster Hunter Tri est très difficile, en partie à cause d’une maniabilité très rigide. En premier lieu, histoire de rester dans la lignée de la série, le jeu ne dispose d’aucun lock et les problèmes de caméra sont toujours aussi fréquents (d'où l'intérêt de jouer avec la manette pro ou classique). De ce fait, on se retrouve à frapper une fois sur deux dans le vide pour peu que la cible soit rapide. Si avec l’épée et le bouclier l’absence de lock ne se fait pas réellement ressentir, il en est toute autre chose avec le reste. L’esquive, quant à elle, est assez aléatoire dans le sens où l’on ne peut pas toujours choisir dans quelle direction esquiver. Vous aurez beau incliner le stick vers la gauche, il n’est pas assuré que votre personnage fasse une roulade vers la gauche. En second lieu, il est impossible de stopper une action. Où est l’intérêt de se soigner en plein combat si votre personnage lève les bras lorsqu’il boit une potion, se tape le ventre lorsqu’il mange de la viande créant ainsi quelques secondes d’immobilisation pour se faire dégommer par votre cible ? Heureusement que votre compagnon shakalaka attire parfois l’attention de votre cible. Autre problème ridicule, il vous arrivera de changer de secteur tout simplement parce que votre cible se situe dans la zone de transition et par conséquent hors d’atteinte. La maniabilité sous-marine, nouveauté de la série, demande un temps d’adaptation. Votre personnage étant encore plus lent que sur la terre ferme, il arrive que votre proie s’enfuit alors que vous n’avez pas eu le temps de dégainer. Frustrant au départ, on réussi à anticiper avec le temps.
Contrairement à ce que l’on aurait pu penser, le jeu est magnifique d’un point de vue technique. La Wii montre réellement se qu’elle a dans le ventre. Capcom affiche directement la couleur avec une superbe introduction. Les environnements sont diversifiés et Capcom n’a pas lésiné sur les effets graphiques. Effets de lumière, rayons du soleil, reflets sur l’eau, brouillard, effets de chaleur dans le désert sont impressionnants. Les animations sont bien rendues et il est assez drôle de voir votre avatar fuir un monstre en courant comme s'il avait le feu aux fesses. Des émotes sont même au rendez-vous tel que saluer, applaudir, danser… En revanche, des bugs de collision sont présents. Vous pouvez passer à travers n’importe quel PNJ, ou certains éléments de décor. Rien de grave en soit, mais lorsque que l’on se met derrière un arbre pour aiguiser son arme ou prendre une potion pensant être à l’abri, il arrive que le monstre passe à travers et vous inflige des dégâts. En étant tatillon, on pourrait regretter la diminution assez nette du nombre de monstres différents par rapport aux précédents opus.
Mise à jour du 23/04 : Après plusieurs parties approfondies en ligne (les serveurs n'ayant ouverts qu'aujourd'hui), nous avons pu noter de légers problèmes comme le fait que les joueurs ne voient pas forcément les mêmes plantations, minerais ou ennemis au même endroit. Le Wii Speak est assez peu utile vu les grésillements agaçants qui accompagnent la voix de vos frères d'arme. Utiliser Teamspeak ou Skype semble être plus raisonnable afin d'avoir une réelle harmonie entre les voix de chacun. Malgré tout, ce service est gratuit, aucun abonnement ou frais supplémentaire ne vous sera demandé et ça, on apprécie plus que tout.
En conclusion, Monster Hunter Tri pourrait s’apparenter à un MMO édulcoré car c’est clairement en ligne que le jeu prend toute son ampleur, pour peu que vous soyez coordonnés. Cependant, rien ne vous empêche d’y jouer seul, hors ligne et prendre du plaisir malgré ses défauts de gameplay. Quoiqu’il en soit, il faut comprendre que ce n’est clairement pas un jeu à mettre entre toutes les mains de part sa difficulté élevée et sa progression très lente. Monster Hunter Tri est certainement le jeu le plus hardcore de la machine de Nintendo, mais aussi l'un des meilleurs.
Note de la rédaction : 17/20
Kanji, le 22/04/2010
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